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 Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour...pour quoi ? {Jerry&Carter}

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MessageSujet: Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour...pour quoi ? {Jerry&Carter}   Mer 9 Mai - 9:47

Y aller, ne pas y aller. Je crois que j'ai jamais autant hésité de ma vie. Et pourtant, son adresse je l'avais en main quelques heures seulement après notre dernière rencontre en lisière du poste de police. J'ai fait la recherche avec l'info qu'elle m'avait glissé, retrouvant sa trace sans trop de difficulté et c'est bien parce qu'elle souhaitait précisément que je la retrouve sinon parions que ça aurait été bien plus difficile à faire. Enfin, dans tous les cas, j'ai fini par me décider à me rendre chez-elle, manquant faire demi-tour une dizaine de fois en chemin parce que je ne voyais simplement pas ce que je pourrais dire ou faire une fois sur place. Je ne sais plus quoi penser de tout ça. Carter et moi ? Prise 2 ? Ça me semble tellement impensable. Sauf que bon, après je me dis pourquoi pas ? Qu'est-ce que j'ai à perdre d'aller cogner à sa porte ? Dans le pire des cas, je ne sais pas quoi dire et je reste muet comme une carpe. Je ne l'ai pas vu pendant six ans, prendre le risque de faire le premier pas ne me tuera pas non plus. Et encore premier pas, faut le dire vite, plutôt le deuxième pas, le premier elle l'a fait la dernière fois. Ce n'est pas non plus comme si j'avais tellement mieux à faire, je suis en congé aujourd'hui et comme ma sœur a décidé de prendre ses vacances chez mes parents, je n’ai rien qui puisse m'occuper ma journée. Même si mon côté lâche aurait bien aimé se trouver une urgence de dernière minute, mais après m'être motivé à coup de cafés, je prends mon courage à deux mains et le volant de ma Camaro accessoirement et je quitte Brooklyn en direction du précieux Manhattan. Pour une fois, je ne roule pas en dingue, prenant bien mon temps avec le sordide espoir de changer d'idée en chemin, mais non, je n'ai pas cette chance cette fois et je finis bel et bien par m'arrêter devant l'adresse que j'ai mémorisée, restant tout de même quelques minutes dans la voiture à me demander si je ne suis pas en train de faire une belle bêtise. Après tout, veux, veux pas, elle est du côté du crime et moi un flic. Je tapote nerveusement sur le volant, encore hésitant, car après tout, il me reste encore l’option de faire demi-tour et revenir un autre jour. Ah mais non ! Je ne vais quand même pas me dégonflé si près du but. Je tire sur les clés dans le contact pour éteindre la voiture, comme ça adios la tentation de filer en douce. Je prends une respiration, une dernière gorgée de café et je sors. Voilà ! C’est pourtant pas si difficile, ce n’est pas comme si j’allais m’assoir sur la chaise électrique, je vais juste rendre une petite visite à Carter et puis Dieu sait à quel point je peux avoir envie de la voir.

Je monte donc à destination de son appartement, ne manquant pas d’analyser le trajet sur mon passage, un bon vieux réflexe militaire. Il faut toujours être prêt à parer toute éventualité. Puis je m’arrête devant sa porte N°1603. C’est bien l’adresse que j’ai retenue, au moins je suis encore capable de trouver un numéro de porte correctement, me reste plus qu’à espérer ne pas m’être trompé dans mes recherches. Si c’est un gros balèze qui m’ouvre, je ne saurais pas trop quoi prétexter pour l’erreur. Je peux toujours lui crier Police ! Et faire une fausse fouille chez-lui, qui sait ce que je pourrais trouver. Et si c’est une vieille mémé galeuse, je me sauve en courant voilà. Bref, autant ne pas divaguer, faire des erreurs ce n’est pas mon genre après tout. Je lève donc la main pour cogner contre la porte. Assez discrètement pour ne pas faire un tapage d’enfer, mais assez fort pour être entendu. Si ce n’est pas beau ça, je calcule même comment frapper à une porte. Je n’attends pas très longtemps avant d’entendre le bruit typique d’un verrou qui s’ouvre. Puis, je vois la tête de Carte qui apparait. Je lui souris. Et comme je m’y attendais, je ne sais pas trop ce que je suis censé dire. «J’aurais bien dit surprise, mais je crois que tu t’attendais un peu à me voir…» Bon attends, mais c’est nul, au moins je dis quelque chose, c’est mieux que rester muet comme une carpe. Elle laisse entrer, ce que je fais pour ensuite poser mon regard sur la décoration, avant de le reporter sur elle. «Tu as l’air mieux que la dernière fois !» Oui, son visage est en meilleur état, moins enflé. Bon en même temps si elle avait été encore pire j’aurais commencé à me poser des questions sur ses activités. Après tout elle est arnaqueuse pas cascadeuse. Elle joue en finesse, donc se prendre des coups, ce n’est pas censé lui arriver souvent. Bref…peut-être que je pourrais essayer de dire quelque chose d’intéressant aussi, mais autant la laisser parler un peu avant histoire de jauger son humeur. Après tout, je n’ai pas appelé avant de débarquer.
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MessageSujet: Re: Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour...pour quoi ? {Jerry&Carter}   Jeu 10 Mai - 7:29

« This place is like a ghost town. No one to hear me out »



Mon appartement doit certainement ressembler à un champ de bataille. Je ne sais même plus quand est ce que j’en suis sortie pour la dernière fois. Je me souviens d’une visite de Reagan. Je me rappelle de la souffrance, de la douleur, des souvenirs qui remontent et manquent de me jeter à terre. Et puis de la cuite. De cette cuite mémorable qui m’a cloué au sol pour… pour combien de temps d’ailleurs ? J’ai perdu la notion des heures, des jours. Il faut dire il fait toujours jour chez moi. De la lumière, en permanence. J’ai une telle peur du noir que je préfère payer une fortune en électricité que de passer une nuit dans les ténèbres. En même temps c'est pas si je manquais de moyens. Je peux me le permettre. Ça y est. Voilà que je m’égare à nouveau. Cinq lignes et trois idées différentes ont déjà traversés mon esprit. Pfff, je m’épuise toute seule. La télé retentit derrière moi. Un film vu et revu des dizaines de milliers de fois. Indiana Jones. C’est tout juste si j’écoute. Je vois même pas pourquoi j’ai allumé la télé d’ailleurs, je la regarde pas. Assise par terre, dos contre le dossier du canapé, je tâte de la guitare. J’ai jamais comprit pourquoi, mais ça m’aide à réfléchir. Sherlock Holmes a son violon, moi, j’ai ma guitare. Je cesse de la gratter deux seconde pour répondre à la place d’Indi -ou en même temps- dans le film. A ben non, je le suis un peu quand même. Et comme si cette simple phrase m’avait donné soif, j’attrape la bouteille de Manzana posée à coté de moi, et hydrate ma gorge sèche. Oui, de la Manzana… J’en avais marre du vin. Et puis entre le prix de la bouteille et mes descentes fulgurantes, ça devient plus économique de se taper des bouteilles moins couteuses. Reposant ma nouvelle amie, je reprends ma litanie musicale.

Un long soupire lorsque mon regard arpente les lieux. Bouteilles et verres vides ici et là. Même la cuisine, d’ordinaire si bien rangée, ressemble à Bagdad. Quant à mon lit, draps sans dessus dessous, oreillers par terre et y a même une feuille de papier et un fusain. Ça se voit que j’ai rien fait d’autre que de me terrer et de me saouler cette dernière semaine. Si je me suis bien remise de mes blessures, j’ai définitivement sombré dans la déprime, et l'alcoolisme. Ah non ! Je n’ai pas fait que boire et me morfondre. J’ai peint, beaucoup, des œuvres nouvelles ou simple reproductions, elles sont toutes entassées contre le mur derrière ma table de travail. Laquelle est encombrée de matériel de peinture, d’un coffre fort ouvert, et d’une multitude incroyable de dessins et d'esquisses. Il y a aussi des journaux. Des journaux relatifs aux derniers évènements. Tout d’abord l’explosion du tunnel mais ensuite et surtout, je suis avec un intérêt tout particulier les activités du Virtuose. Se trouve aussi un dossier de l’armée, classé confidentiel, que je n’ai pas encore ouvert. Les yeux fermés je laisse mes doigts glisser sur les cordes. Je suis dans un état second où tout m’importe peu, rien n’a d’importance en dehors de ma bouteille et ma musique. C’est comme être en transe, et regarder le monde à travers une vitre. Se foutre de tout, être si proche du sommeil et avoir pourtant une conscience accrue de la réalité. Cette parfaite conscience de notre misérable et pitoyable existence. Regardez moi ! Moi la belle arnaqueuse, moi la séduisante voleuse, et la talentueuse faussaire, vêtue d’un simple tee-shirt, avec des chaussettes remontées jusqu’au mollet, assise par terre à jouer de la guitare tout en s’envoyant une bouteille de manzana. A qu’elle est belle ! Pas sortie depuis plusieurs jours, à se morfondre, et déprimer dans sa grande, grande pièce. Seule, tout en savourant pleinement sa solitude et repoussant l’échéance de la date d’émersion. Je fais pitié. Je le sais. Mais c’est dingue comme je m’en fous !

De mon air de blues j’enchaine aussitôt vers la musique du film. Moment d’action, je vrille et délire, mais c’est ça qui est bon. Soudain, des notes indésirables. Un toc toc toc. Je grogne. J’ignore. Toc toc toc. Je soupire, pose ma guitare, attrape ma nouvelle amie –buvant au passage- me lève et traine les pieds jusqu’à la porte. J’attrape dans le mouvement mon flingue posé sur le comptoir de la cuisine. Si c’est le proprio de l’entrepôt d’en face qui râle parce que j’ai pas descendu les poubelles, je lui loge une balle entre les deux yeux puis je descends enfin les poubelles. J’ouvre tout en fronçant les sourcils, déjà lassée par cette intrusion. «J’aurais bien dit surprise, mais je crois que tu t’attendais un peu à me voir…» Un truc dans mon cerveau sonne brutalement l’alerte, mais j’arrive pas à savoir quoi. J’en aurais bien rit sur le moment mais ça semble vachement important. C’est comme si une petite voix me disait de prêter attention à mon visiteur. Alors doucement le voile se lève enfin. « Jerry ? » Oh merde ! Un truc étrange se passe. Tout l’alcool ingéré s’active frénétiquement comme s’il voulait sortir de mon corps. Oh non ! Ne part pas, je t’aime bien moi ! Et mon cerveau qui persiste à ruer comme un damné. Voilà que même mon cœur s’y met. Oui d’un coup je panique. Jerry, l’homme de ma vie dont je suis éperdument amoureuse débarque soudainement chez moi et me surprend en pleine crise d’existentialisme et d’alcoolisme. La honte ! Mais la honte ! Voilà la seule idée qui s’impose à mon esprit. Je lui mets brutalement ma bouteille et mon flingue entre les mains et rentre précipitamment dans l’appart’. La porte est restée ouverte, j’aurais mieux fait de la fermer pour éviter qu’il ne voit ce qui suit. Ce qui suit ? Une débile qui s’active vainement pour tenter de ranger pitoyablement son terrier. D’instinct je fonce à ma table de travail, range précipitamment mes dessins –pas comme si je tenais pas à ce qu’il jette un œil à ses portraits-, mes coupures de journal et balance médiocrement un drap sur le tout. Entre temps j’ai attrapé les bouteilles et verres vides que je pose dans la cuisine. Je m’attaque ensuite au linge ici et là, manquant de me vautrer à cause de ma guitare qui traine. Bon sang ! Moi et le rangement, c’est la cata ! Voyant bien que j’arrive à rien, et prise d’un tournis terrible, je cesse tout mouvement pour le regarder. De m’être activée comme ça, brutalement, j’ai envie de vomir. Je soupire et comme si de rien n’était. « Qu’est ce que tu fais là ? » Quelque chose me dit que j’ai sacrément l’air d’une conne. Il m’a dit que j’avais meilleure mine. Je souris et tape dans les mains d’un air enjoué. Ridicule vous connaissez ? « Oh ça ?! Ouai ! Toute guérie, toute neuve ! En pleine forme. » J’ai l’air d’une débile profonde, et le pire c’est que j’en ai conscience. Tout n’est pas encore perdu dirons nous… Ou pas…

Je réalise soudain qu’il tient entre ses mains les pires preuves de mon effroyable existence. Ma bouteille de Manzana et le flingue. Notez comme je m’approprie de suite la bouteille et non pas le revolver. Je me précipite sur lui pour les lui arracher des mains. Je me recule, jette le flingue sur le lit après avoir mis le cran de sécurité. Et la bouteille ? Ben… Je la regarde un peu sans trop savoir quoi en faire, puis en boit une gorgée. Et Jerry ? Ah ! Lui ? Je le regarde et lui sourit d’un air désolée. Je sais que ça va pas marcher mais qu’importe. Je suis saoule, et je me fiche de tout. Enfin… presque tout. Non je stresse vachement d’un coup sans savoir pourquoi. Il me rend terriblement nerveuse et je joue, ou plutôt tente de jouer la carte de la décontraction. Et oui, ça passe par se saouler la gueule encore plus. Avec un peu de chance il est un misérable naïf et va gober mon innocence feinte. Je vais bien tout va bien, je suis gaie tout me plait. Et yiiiha ! Non ? Bon tant pis...
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MessageSujet: Re: Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour...pour quoi ? {Jerry&Carter}   Ven 11 Mai - 13:01

Je ne sais pas exactement à quoi je m'attendais en débarquant chez elle comme ça, sans prévenir. Ce n’est pas tout le monde qui aime les visites surprises, mais d'un autre côté, je ne me voyais pas l'appeler et lui demander la permission de venir la voir. Je suis une grande personne, si j'ai envie d'aller rendre visite à une amie, j'ai bien le droit. Et c'est là l'autre problème...l'amie. Je ne sais pas si je suis venu voir mon amie, mon ex, la femme que j'aime ou l'arnaqueuse si ça se trouve...Elle est qui Carter au juste ? Je suis sensé venir la voir en tant que quoi ? Je suis censé être ici d'abord ? Ou je suis en train de faire la bêtise la plus illogique et monumentale de mon existence. Vas de l'avant Jerry, oublie le passé, qu'on me disait. C'est mal joué pour ça et pour toute excuse la seule chose que j'ai à répondre c'est que ce n'est pas de ma faute. Non ! Pas ma faute si j'aime cette femme, pas ma faute si je l'ai dans la peau et la seule perspective de bonheur qu'il me reste c'est d'être à ses côtés. Sans elle, il n'y a rien. Il y a une vie vide devant moi, une vie faite de boulot et de femmes insignifiantes qui passent dans mon lit pour disparaitre au lever du soleil. Sans elle j'ai perdu mon temps, ma vie ne rime à rien. J'ai tout perdu, l'armée, mon honneur, mon courage, je refuse de la perdre aussi, pas maintenant que la vie semble m'avoir laissé une chance de la récupérer. Évidemment je ne vais pas croire que ce sera aussi simple que bonjour, je ne m'attends pas à ce qu'elle me sauter dans les bras en m'embrassant et en me disant qu'elle ne veut plus jamais me perdre. Dans mes rêves peut-être, si seulement ce n'était pas que des cauchemars...mais dans la réalité, je ne sais pas. Faut aussi dire que Carter a toujours été un mystère, même à l'époque qu'on était ensemble. Dire que je la comprenais à 100% je ne pouvais simplement pas, je comprenais certaines choses, d'autres non. Je ne savais jamais à quoi m'attendre et à l'époque ça me plaisait, j'aimais sa capacité à constamment me surprendre. Aujourd'hui par contre je n'en suis plus certain. J'ai vieillit, j'ai vécu des choses qui font que j'aime bien savoir où je mets le pied avant de le mettre, je suis passé d'un mode offensif à défensif. Je cherche d'abord et avant tout à me préserver. Et être constamment prit de court ça m'agace énormément, alors j'aimerais bien comprendre, j'aimerais savoir ce qu'on fait tous les deux, où on va et où ne va pas, parce que je n'ai pas envie de frapper des surprises dans le détour. Peut-être que j'ai perdu mon goût de l’aventure en cours de route ou alors c'est l'omniprésence de Juan dans mon esprit qui me gâche ma capacité à me jeter dans le vide dans réfléchir.

Enfin au moins j'ai trouvé le courage de venir jusqu'ici, j'aurais très bien put mettre des mois à le faire et ça aurait été trop tard. Je ne suis peut-être pas encore un cas désespéré. Quand elle l'ouvre enfin la porte je ne sais pas trop quoi dire, quoi faire, limite j'ai presque envie de rembobiner le temps et ne pas avoir cogné, être encore là planté devant la porte à me demander ce que je fais. Je ne peux pas exactement dire ce qui lui traverse l'esprit à elle en me voyant, mais...sa réaction est...absente ? Bizarre ? Elle met un certain avant de réagir pour ne souffler qu'un maigre Jerry. Ah bah sympa, elle a presque l'air contente de me voir là. Puis soudainement, elle me met sa bouteille et son flingue entre les mains avant de se sauver à travers l'appartement pour faire je ne sais quoi. Du ménage ? Alors je suis planté dans son entrée ? Comme son sens de la politesse a dû être largué quelque part dans un coin, je prends la permission d'entrer, refermant la porte derrière moi. Je la regarde courir dans tous les sens comme une poule écervelée à essayer de rafistoler le ménage en troisième vitesse. Bon...Puis je baisse les yeux sur le contenu de mes mains, arquant aussitôt un sourcil. Elle comptait me tuer avec le flingue ou la bouteille ? Drôle de façon de répondre à la porte. Cela dit ça me pousse à observer plus attentivement son comportement. Elle est saoule ma parole...Je dois m'inquiéter peut-être ? Parce qu'au dernière nouvelle c'est plutôt mon genre de faire duo avec la bouteille, misérablement seul avec mes faiblesses et mon existence de merde...Elle finit par se stopper, me regardant enfin. « Qu’est-ce que tu fais là ? » Sympa ! De mieux en mieux, J'ai presque envie de lui demander si elle préfère que je fasse demi-tour et que je ne frappe pas à sa porte. « Oh ça ?! Ouai ! Toute guérie, toute neuve ! En pleine forme. » Pas de doute, celle-là, elle est fraiche comme un ivrogne. «Euh...je ne sais pas trop ce que je fais là, mais je pourrais peut-être te retourner la question non ?» Et pour appuyer mes paroles, je mets l’emphase sur les objets qu'elle m'a largué dans les mains. Objets qu'elle s'empresse aussitôt de récupérer, jetant le flingue par-dessus bord, mais gardant la bouteille pour en prendre une autre gorgée. «Tu attendais quelqu'un ? Parce que si c'est le cas...je crois pas tellement que boire ça...t'aidera à tirer juste avec ça...» Que j'ajoute en regardant d'abord la bouteille, puis en levant le menton en direction du lit ou elle a balancé le revolver. «Et depuis quand tu te paies des cuites seule ? Enfin...je veux dire...y'a quelque chose à fêter peut-être ?» Oui parce que bon, définitivement je n'y comprends rien là. Qu'est ce qu'il lui arrive à celle-là ?

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MessageSujet: Re: Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour...pour quoi ? {Jerry&Carter}   Sam 26 Mai - 10:10

« Sun goes out, you'll be standing. You'll be standing by yourself. »



La raison pour laquelle je bois sans discontinuer depuis plusieurs jours me demeure un mystère. Certainement parce que je suis trop bourrée pour me poser la question. Non. En fait je sais très bien pourquoi je m’imbibe. Parce que j’ai peur. Peur d’un tueur fantomatique qui m’a moi-même tué il y a presque vingt ans. Peur de me faire choper par la police si je bouge le petit doigt, eux qui sont là, à l’affut d’une erreur de ma part. Peur d’avouer que mes histoires d’amour vont de déchéances en déchéance, et que le seul homme que j’ai jamais aimé, est le seul que j’ai fait souffrir à nous en tuer, et que sans lui ma vie n’a plus de sens. Et le voilà pourtant qui débarque chez moi. Sommes-nous à ce point masochistes ? Lui venant trouver une voleuse dans son repaire alors qu’il est l’archétype de la loi et de la justice ? Et moi, lui ouvrant la porte, complètement saoule et une arme à la main. Dans le genre réglo on fera mieux. D’autant plus que je m’empresse de camoufler le plus rapidement et soigneusement (on y repassera) possible, les témoignages de ma vie de criminelle. Je finis enfin par me stopper. Plus par nécessité qu’autre chose. M’être activée de la sorte m’a soudainement donné envie de vomir. Il faudrait qu’un de ces quatre je songe à manger un truc… Je le regarde, m’empresse de récupérer mes deux meilleures amies : bouteille et arme, puis le regarde en souriant. Le sourire d’une ivrogne, heureuse de voir un visage qu’elle aime. Je lui ai demandé un peu plus tôt ce qu’il faisait là. C’est alors que sa réponse arrive, aussi acide qu’une guillotine dans mon esprit. « Euh...je ne sais pas trop ce que je fais là, mais je pourrais peut-être te retourner la question non ? » Je fronce les sourcils, cherchant désespérément à comprendre sa phrase. Ce que je fais là ? Ecarquillant les yeux pour tenter d’y voir plus clair je regarde autour de moi. Non. Non, c’est bien ça. C’est mon appartement. Soudain je me mets à rire, soulagée. « Euh… c’est mon appart’. C’est normal que je sois dans mon appart’. – grand moment d’incertitude- Enfin je crois. » Ouai parce que l’espace d’une seconde, avec sa question, j’ai cru m’être trompée de baraque. Non mais c’est ça. Je suis chez moi, saoule oui mais chez moi. Et ça ! Monsieur le policier ! C’est mon droit !!!!! Entre temps j’ai balancé le flingue mais gardé la bouteille. Ma très chère bouteille ! «Tu attendais quelqu'un ? Parce que si c'est le cas...je crois pas tellement que boire ça...t'aidera à tirer juste avec ça...» Je m’avance vers lui, me tapant l’orteil dans ma guitare toujours au sol. Ma guitare ! Comme soudainement je regrette le moment où j’en jouais juste avant d’aller ouvrir à la porte. Non pas que je ne sois pas contente de voir Jerry. Loin de là en fait ! J’en suis ravie ! Mais juste qu’à ce moment là, mon esprit n’avait pas besoin de s’activer furieusement pour démêler le sensé de l’insensé. Bref je me cogne, et ça me fait rire. L’alcool est un breuvage miraculeux contre la douleur ! « Non. » Non j’attendais personne. Je pointe un doigt menaçant vers lui. « Et ne te moque pas. Je suis la meilleure pour tirer aux fléchettes. Même bourrée !!!! » Je lève soudainement mes bras en signe de victoire. Ouai !!! Même bourrée ! Même pas peur ! Je dois avoir l’air d’une gamine c’est certain. Une gamine en grand manque d’affection.

J’ai fini par m’approcher tellement près que de ma main libre j’attrape son bras. Une façon de me tenir parce que je ne réponds guère de mon équilibre, mais aussi un moyen de vérifier si je n’hallucine pas. Mes doigts touchent du muscle, quelque chose de solide, de chaud, et son odeur ne tarde pas à gagner mes narines, réveillant quelque chose de brulant en moi. Non, je ne rêve pas. Il est là, bien là, chez moi, dans mon repère. Mon amour. « Et depuis quand tu te paies des cuites seule ? Enfin...je veux dire...y'a quelque chose à fêter peut-être ? » Je me fiche de ce qu’il raconte. Trop absorbée par la réalisation de cette incroyable vérité (Jerry ! Chez moi !) Je lève la tête pour humer un peu plus son odeur. Cette odeur qui me rendait folle, qui m’a manqué à en crever, cette odeur dont je veux m’imprégner. Ça y est. J’ai envie de lui. De lui tout contre moi, en moi. Je veux m’attacher à lui et ne plus jamais le quitter. Je me paye des cuites en solo ? Il dit ça parce qu’il est jaloux. Et en réponse je dépose en baiser dans son cou. Oui il me faut du temps pour que mon cerveau analyse ce qu’on me dit. Mais je vous merde. Je suis dans un rêve idyllique et pourtant vrai. Quelque chose à fêter ? « Oui… Toi ici ! » Un murmure langoureux qui veut bien dire ce qu’il veut dire. J’aime ce coté là de l’alcool. Cette période où l’on sent qu’on décolle suffisamment pour que rien ne nous touche, pour qu’on se réjouisse de tout ce croyant dans un rêve merveilleux. On plane, oui. Mais on est pas assez bourré, on est tout de même suffisamment éveillé pour se rendre compte de ce qui se passe, s’en souvenir, l’apprécier, et pouvoir réagir. Et passer d’une idée à une autre à la vitesse de l’éclair… « OH ! Mais tu veux participer peut être ?! » On parlait de fêter un truc… Fêter… faut donc faire la fête ! Je me recule rapidement, puis file à petits pas rapides dans ma cuisine, derrière mon comptoir, posant ma Manzana dessus histoire d’avoir les mains libres. « Je dois avoir de la Vodka quelque part par là. » Je sors la tête de derrière le meuble pour le regarder. « Par contre j’ai pas de fraises tagada. Mais on peut changer les règles du jeu. » Je replonge ma tête dans le bar, à la recherche de la fameuse vodka. Cette histoire de fraise tagada remonte à des années en arrière dans une chambre d’hôtel à Hawaii. Et je suis certaine qu’il n’en aura pas oublié le jeu. Ma main ressort du bar. Vide. Pour attraper la Manzana. J’ai soif. Soudain je bondis de derrière mon comptoir, toute joyeuse. Une bouteille dans chaque main. Manzana et Vodka. « Trouvéééééééé !!!!! » Je suis super heureuse d’avoir trouvé la bouteille de Vodka. Super heureuse de pouvoir l’offrir à Jerry. Quelques heures plus tard je serais amenée à me maudire pour ce comportement juvénile. J’ai lâché prise, complètement. J’ai fuis dans un monde où mes peurs n’existent plus. Plus de peur, plus aucune, surtout que depuis que Jerry est entré dans cette pièce. Jerry, mon sauveur.
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MessageSujet: Re: Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour...pour quoi ? {Jerry&Carter}   Ven 8 Juin - 23:31

Elle n'a pas le droit de faire ça ! Enfin si, elle a le droit après tout elle est adulte, indépendante et doté d'une intelligence qui lui permet de prendre des décisions, du moins je le crois. Elle a le droit de boire si elle en a envie, elle a le droit de se saouler si ça l'amuse, mais elle n'a pas le droit ! Pas comme ça, pas toute seule, pas sans raison, du moins aucune qui soit apparente. C'est moi qui fait ça, pas elle ! C'est toujours moi qui me suis réfugié dans la facilité de l'alcool chaque fois que je voulais fuir quelque chose, c'est moi l'alcoolique qui finit la tête dans une cuve à subir les mécontentements de mon estomac, pas elle ! Carter est forte, elle est au-dessus de ça. Enfin elle l'était à l'époque où on était ensemble. Elle se saoulait oui, mais pour s'amuser, pour être ivre avec moi, parce que moi je le faisais pour de mauvaises raisons et qu'avec elle les mauvaises raisons devenaient bonnes. Elle était là pour rendre le négatif en positif, pour prendre mes faiblesses et les transformer en forces. Elle était ma béquille d'accord c'est vrai, je comptais sur elle, sur son soutien, sur sa force. Elle était ma béquille certes, mais je l'aimais, je l'aimais à en être dingue. Voilà pourquoi la perdre a été difficile, autant parce que je crevais d'amour pour elle, mais parce qu'après je n'avais plus personne sur qui m'appuyer. Après avec du recul je peux dire que c'était peut-être la meilleure chose qui pouvait m'arriver, la meilleure et la pire en même temps. Oui j'en ai atrocement souffert, mais ça m'a aussi permis d'apprendre à tenir en équilibre seul, à m'endurcir, à apprendre à ne compter sur personne d'autre que moi-même. C'est grâce à son départ que j'ai pu gravir les échelons dans l'armée, que j'ai su me démarquer, moi le brave soldat avec un sens de l'initiative inébranlable qui pouvait se lever devant les lignes ennemis sans sourciller. Parfois je me demande si c'était vraiment du courage ou une sorte de poussé suicidaire mais qu'importe, si Carter n'était pas partie je ne serais peut-être pas celui que je suis aujourd'hui, je ne serais surement pas devenu adulte, je n'aurais surement trouvé comment puisé ma force dans mes propres ressources. Je devrais la remercier, pour un tas de choses. La remercier de m'avoir aimé, de m'avoir offert tant de bonheur, la remercier d'être partie, la remercier d'être revenue, d'être là, d'être encore vivante tout simplement.

Cela dit, ça ne change rien au fait que je ne sais pas trop comment réagir là tout de suite. Elle est bourrée et je ne sais pas pourquoi et apparemment elle n'a pas l'air de le savoir elle-même, ou alors elle l'a oublié en route. Je suis bien placé pour savoir ce que c'est, étant moi-même un champion de la non-modération. Du coup, je ne sais pas trop si je suis sensé trouvé ça drôle ou non, si je dois lui faire des reproches ou l'encourager ou tout simplement si je dois parler ou me taire... « Euh… c’est mon appart’. C’est normal que je sois dans mon appart’...Enfin je crois. » Oui....je crois...hum. J'arque un sourcil visiblement perplexe. Je sais très bien qu'elle est chez-elle, je lui demandais pas ce qu'elle faisait là, dans le sens d'ici...mais dans le sens de qu'est ce qu'elle fait là en train de boire et de faire je ne sais pas trop quoi avec une arme. «Mouais...c'est chez-toi j'avais compris ça...enfin peu importe, laisse tomber.» Oui autant ne pas argumenter avec une fille saoule, déjà sobre ça ne même jamais à rien, alors bourré... « Et ne te moque pas. Je suis la meilleure pour tirer aux fléchettes. Même bourrée !!!! » Tient donc...je ne me rappelle pas vraiment qu'elle ait été si doué aux fléchettes bourrée...bon si je ne m'en rappelle pas c'est peut-être parce que j'étais moi aussi bourré...je préfère ne rien ajouter, autant lui laisser le bénéfice du doute. De toute façon je préfère nettement essayer de comprendre pourquoi je la retrouve là en train de boire toute seule comme une fille complètement perdue. Après tout, je ne vois aucune raison de fêter mais il y en a peut-être une quand même, une que j'ignore. Je suis d'ailleurs tellement occupé à faire la lumière sur tout ça que je n'ai pas trop le loisir de réagir quand elle s'approche de moi, allant jusqu'à déposer un baiser dans mon cou. « Oui… Toi ici ! » Je souris aussitôt. Évidemment, ça ne fait aucun doute sauf que...«Peut-être, mais quelque chose me dit que tu avais commencé à fêter avant même de savoir que je viendrais...» Je ne suis donc pas la raison de la fête. « OH ! Mais tu veux participer peut être ?! » Quoi ? J'ai jamais dit ça ! Je ne suis pas venu la voir pour me prendre une cuite quand même. Si ? Non...je suis venu en adulte pour gérer nos problèmes en adulte...sauf que je vais avoir un peu de mal à le faire avec une adulte qui se comporte en gamine...Autant oublier ça. Il me reste donc deux choix, non trois. Soit je pars et je lui dis que je vais revenir une autre fois, quand elle sera plus fraiche. Soit je reste et je fête avec elle ou alors je reste et je tente de la raisonner. Et comme je sais que raisonner Carter est presque aussi difficile que trouver une aiguille dans le foin...il me reste deux options seulement. Je finis donc par hausser les épaules avant de reporter mon attention sur elle et sur ce qu'elle raconte. De la vodka. Des fraises tagada ? Hawaii ? De bons souvenirs...«Oh c'est pas grave...on peut faire sans...» Ou pas ! Quoi ? Non attend, on peut faire quoi sans ? NON. Les fraises tagada impliquent du sexe. Je ne vais pas faire ça, je ne suis pas venu pour ça ! Enfin...je ne dis pas que je n'en ai pas envie mais...elle est bourrée ! Je ne vais pas profiter de la situation. «Ce que je veux dire en fait c'est qu'on est pas obligé de jouer à ce jeu...on peut juste...boire un peu de vodka, bien que tu devrais peut-être ralentir...et on peut...» Qu'est ce qu'on peut faire au juste ? Qu'est-ce que deux personnes, une sobre et une ivre peuvent faire ensemble ? Je ne vais quand même pas lui proposer de jouer aux cartes. «Tu es certaine que je ne dérange rien...ou alors si tu pouvais m'expliquer ce que tu célèbres, pour que je puisse le faire avec toi, parce que je doute que tu étais en train de boire à ma santé avant que je débarque.»
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MessageSujet: Re: Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour...pour quoi ? {Jerry&Carter}   Dim 24 Juin - 21:07

« Regret for the past and fear of the future »



Etrangement, et soudainement, je sais ce que c’est. Je me faisais déjà une idée à l’époque, quand il m’avait avoué son terrible secret. Je connaissais le sentiment de peur qui le tenaillait perpétuellement, mais en aucun cas celui de l’addiction. Mais aujourd’hui, je sais…

Je brandis avec victoire mes deux bouteilles. La Vodka vient rejoindre la Manzana déjà invitée à cette petite fête. Je dirais bien improvisée, mais voilà bien plusieurs jours que je ne fais que m’enivrer. La seule impro’ c’est la présence de Jerry qui vient éclairer ce morne et sombre début de soirée. Quoiqu’il en soit je semble décidée à faire participer Jerry. J’ai déjà oublié pourquoi. Je ne retiens que deux choses : mon besoin intarissable d’alcool et la présence de mon ex (dont je suis toujours follement amoureuse) ici, dans mon appart. Je pose alors mes bouteilles sur le plan de travail et entreprends de déboucher la vodka pour mon invité. Boire au goulot, c’est bien plus marrant. Je n’ai strictement rien entendu de ce qu’il m’a dit. Il faut avouer que non seulement je ne suis pas en état, mon cerveau ne comprend pas tout et le peu qu’il comprenne arrive avec un temps de retard, et en plus je m’en fiche terriblement. Ceci dit, je ne sais si c’est sous la volonté de comprendre, ou juste parce que je fatigue : il parle et je ferme les yeux pour tenter d’y voir plus clair. Au lieu de quoi tout tourne subitement, et rouvrant les yeux, j’observe les deux goulots (ou trois, ou quatre) qui se balancent devant moi. « … bla bla bla … que tu devrais peut-être ralentir...et on peut...» Mais de quoi est ce qu’il parle ? Bon peu importe. Autant assumer avec le sourire un état déjà diagnostiqué de ridiculement débile. Un semblant de stabilité me revient. J’attrape mes deux bouteilles et trottine joyeusement vers Jerry tout en glissant légèrement sur le parquet. Je rappelle que je ne porte qu’un long T-shirt et de hautes chaussettes. Mode pyjama rien de plus parfait pour se prendre une cuite en règle. Bref, je me rattrape de justesse pour l’entendre me demander (avec un temps de retard) : « Tu es certaine que je ne dérange rien...ou alors si tu pouvais m'expliquer ce que tu célèbres, pour que je puisse le faire avec toi, parce que je doute que tu étais en train de boire à ma santé avant que je débarque.» Entre temps je suis revenue me mettre devant lui. Sans trop comprendre pourquoi, et sans même y réfléchir en fait, je passe mes bras autour de son cou pour m’y pendre tout en laissant mon corps choir contre le sien. Avec du recul je me dis que pauvre gars, il devait se sentir bien là, avec une fille pendue à son cou, une bouteille dans chaque main, et totalement déconnectée du monde. Quoiqu’il en soit je me contente de ricaner avec stupidité tout en luttant avec étourdissement contre mes instincts. Mes instincts, primaux, animales, qui me jettent à la figurent toutes ces sensations et désirs bestiaux qui secrètement m’habitaient. L’odeur de mon Amour qui violemment heurte mes narines, la présence de ce corps chaud tout contre le mien, cette sensation de force, de sécurité, de mâle qui me possède. Le désir est violent, trop violent pour être contrôlé. Je sais que je dois lutter, mais je ne peux lutter, je ne veux lutter. J’ai beau penser, songer, me raisonner, je sais que l’addiction, oui l’addiction, est bien trop puissante. Mais dans un effort surhumain, parce que l’alcool donne littéralement des ailes, je le lâche pour lui offrir (ou plutôt lui mettre dans les mains) la bouteille de vodka. Alors je lève mon propre alcool de pomme, et je trinque. Il semble vouloir insister sur une occasion pour boire. Comme s’il fallait une raison ! Comme si ma peur viscérale de mourir et la hantise de mon terrible passé n’en était pas une. D’une main je me tiens à son bras, tandis que joyeusement je célèbre, non sans une certaine amertume. « A la décadence de notre monde ! Et à nos peurs les plus secrètes ! » Là-dessus je pouffe de rire avant de me faire taire en avalant d’une traite une bonne gorgée. Je ne peux m’empêcher de grimacer. Sur le coup, l’alcool en lui-même, et le trop plein de mon estomac, me donne envie de vomir. Mais cette sensation de noyade disparait rapidement pour laisser place à ce délicieux gout de pomme, ce sucre sur mes lèvres que je m’empresse de faire disparaitre d’un coup de langue. Un ascenseur étourdissant qui me monte au cerveau. Je glisse de plus en plus dans l’ivresse et bon dieu ce que ça me plait !!!

Mes yeux se posent alors sur la table de travail nonchalamment recouverte d’un drap. Je mets un temps avant de me souvenir pourquoi, et dans quelle circonstance je l’ai jeté ce drap. En dessous, se cachent les preuves indéniables de ma culpabilité. Oui ! Je suis une criminelle. Sur cette table se trouvent le rêve de tout flic cherchant à boucler un bandit. Des dessins, d’œuvres célèbres ou de personnes aimées, un coffre miniature, dernier cri sur lequel j’exerce mes talents de cambrioleur, des plaques d’imprimerie pour fabriquer des passeports comme le faussaire que je suis, un dossier confidentiel qui n’aurait jamais du se trouver entre mes mains et qui porte le fâcheux nom de mon ex. Plus tout un tas d’outils qui prouvent, tant bien que mal, que je ne joue pas dans l’équipe des gentils. Alors pourquoi est ce que j’ai caché tout ça vulgairement ? Ah oui ! Parce que j’ai un flic dans la salle. Un flic ou juste un ex qui n’est pas réellement conscient de l’envergure d’une vie de débâcle depuis notre rupture ? Ça me rappelle alors que Jerry est là, oui il est là, mais j’ignore pour quoi !
Je l’ai lâché pendant que j’avalais goulument ma boisson, tout en reculant. Je regarde alors mon invité, fronçant les sourcils pour me concentrer, avoir l’air plus sérieux. En vain… « Et pourquoi t’es venu me rendre visite au fait ? Pour ton boulot ou simplement pour moi ? » Inutile de dire que me tortille comme une gamine. Je me veux séduisante, aguicheuse. Je me tourne au ridicule, et ça me fait rire. Soudain je réalise que la nuit tombe. Et sans prévenir je panique.
Je passe d’une idée à une autre, d’une émotion à une autre, à une vitesse déconcertante. Aussitôt je me précipite vers toutes les lampes et lumières de ma grande salle, et les allume toutes sans exceptions. Je suis tellement prise par mon activité que je ne m’entends pas répéter « pas de noir, toutes allumées, pas de noir ». Jerry doit bien se douter pourquoi je fais ça. Mon obsession si particulière à vouloir de la lumière, ma terreur inexpliquée de l’obscurité. Il sait, même s’il ignore. Après avoir fait le tour de mon appart’ je m’arrête enfin pour apprécier mon œuvre d’un regard. Ça scintille, ça brille, aucune ombre ne peut se cacher. Je suis contente. Je souris. Il ne peut rien m’arriver. Puis mes yeux se posent sur Jerry. Mon sourire s’élargit. Non, il ne peut rien m’arriver. « Et si on dansait ?! » Oh oui !!! Si on dansait !!!! Ma terreur passée, Jerry avec moi, j’ai de nouveau envie de m’amuser, de m’envoler, de déconnecter… d’oublier…
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MessageSujet: Re: Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour...pour quoi ? {Jerry&Carter}   Sam 28 Juil - 12:05

Venir ici était peut-être une mauvaise idée, une très mauvaise idée. Ou alors c'est une bonne chose, après tout, même si là tout de suite je me retrouve un peu dépassé ne sachant pas comment réagir face à son état, il vaut quand même mieux que je sois là. Qui sait ce qu'elle serait capable de faire en état d'ivresse. Et puis bon, de toute façon je ne suis pas à une bêtise près. Moi le flic, pas si vertueux, mais flic quand même, je suis sous le charme d'une criminelle de première, en terme de mauvaise idée, on ne fait guère mieux, alors bon, j’essaie de me convaincre que de toute façon le mal est fait. C'était lui parler qui était l'erreur, c'était venir ici, c'était d'être toujours et encore amoureux d'elle, le reste c'est futile, ça ne compte pas. J'aime cette femme et même si c'est dramatique de l'admettre, je la suivrais jusqu'en enfer s'il le fallait. Tant pis pour les conséquences, je les assumerai si elles se présentent, mais pour l'heure, je ne veux qu'elle, je ne vois qu'elle...elle et ses bouteilles d'alcool. Précieuse alcool, la plus fidèle des amies et j'en sais quelque chose, elle m'a porté tellement longtemps, et me porte encore d'ailleurs, bien que ma consommation soit moins régulière qu'à une époque, comme si mes maux que je cherchais à apaiser s'étaient effrités un peu avec le temps. Je ne sais pas si je peux dire qu'aujourd'hui je me sens mieux, ou encore pire qu'avant, après tout ma situation ne s'est pas tellement amélioré elle. Je buvais par carence, parce que j'étais un toxicomane et que faute de drogue, il me fallait un exutoire. Puis, il y a eu le départ de Carter et l'armée est devenu mon alcool pendant plusieurs années, jusqu'à ce moment, jusqu'à ce que je me fasse prendre et qu'on me torture avec tant d'appréciation que j'en suis venu à regretter la douce torture de l’héroïne, de la coke...Puis j'ai perdu l'armée, incapable de refaire surface, incapable de reprendre mes habitudes. La police ce n'est qu'un passe-temps, ce n'est que l'occasion de ne pas me barricader à double tour pour replonger en beauté. Je ne peux pas effacer mes cauchemars, ils vont surement me hanter pour le restant de mes jours, mais Carter...je ne sais pas, peut-être que c'est une chance de pouvoir rêver à nouveau, peut-être qu'aujourd'hui, contrairement à l'époque, je suis prêt à tout envoyer balader pour elle, ou alors c'est simplement parce qu'aujourd'hui je n'ai plus rien, la vie m'a bien désillusionné et la seule chose vraie, la seule chose intacte, la seule chose que le temps n'a pas réussi à me prendre c'est elle, son souvenir est intouché. Elle était si parfaite, elle l'est encore.

Cela dit, l'alcool lui a embrumé l'esprit et je me retrouve les bras ballants, ne sachant pas trop quoi faire, alors qu'elle s'agrippe à moi, glissant ses bras à elle autour de mon cou. Je sens mon corps contre le sien et je n'ai qu'une envie, elle. Elle m'a tellement manqué, mais je ne peux pas faire ça. Qui je serais pour profiter de la situation ? Elle saoule, moi sobre ? Ce n'est pas une partie égale et je sais mieux que quiconque que les envies changent quand on est sous l'emprise de l'alcool. Si elle avait été sobre, elle ne serait sans doute pas collé à moi en ce moment, mais je ne peux m'empêcher de la désirer quand même, parce que je ne suis qu'un homme et qu'un homme reste toujours esclave de ses pulsions, c'est un fait établis. Elle finit tout de même par se reculer, me posant la bouteille de vodka entre les mains alors qu'elle s'attaque au contenu de la sienne de bouteille. Je la regarde, perplexe, trinquant quand même avec elle, peut-être juste pour la forme ou pour ne pas la vexer. «À l'alcool ! Et à son précieux pouvoir réparateur...» Bien qu'il soit à durée limité. Je prends une gorgée, une petite, je ne suis pas venu ici pour me saouler à la base, mais pour faire le point, quoique vu son état, ça va sans doute devoir attendre un autre jour, mais inutile que je me mette dans la même situation. Je vais faire le bon flic, je vais rester en toute conscience d'esprit pour prendre soin d'elle, car l'alcool finira bien par avoir raison de ses forces. Pour le moment je ne peux donc faire autrement qu'attendre, je ne suis pas dans sa tête, je ne peux pas deviner les pensées qui y circulent, je ne peux qu'assister à ses gestes maladroits, non pas sans une pointe d'humour, même si la situation semble plutôt avoir un côté désolant.

« Et pourquoi t’es venu me rendre visite au fait ? Pour ton boulot ou simplement pour moi ? » Je la regarde, un sourire se glissant sur mes lèvres en voyant ses frasques. «Je ne suis pas ici pour le boulot non, je suis venu te voir, je voulais parler, mais une autre fois...» Et alors que je finie à peine à ma phrase, un vent de panique semble la submerger et elle se met en chasse après toute les lumières de la place, les allumant une par une jusqu'à plonger les pièces dans une luminosité presque agressante, du moins à mon sens à moi. En soi ça ne m'étonne pas tellement, je me souviens très bien de sa terreur pour l'obscurité, mais je pensais qu'avec le temps, elle aurait réussi à surmonter ça, mais visiblement non ou alors c'est le fruit de l'alcool. Je ne sais pas quoi dire, ni quoi faire, j'ai l'habitude d'être celui qui est bourré, pas le contraire et de toute façon sa peur du noir est une chose qui me dépasse complètement, je ne peux pas l'aider sur ce point...Et en une fraction de seconde, comme s'il ne s'était rien passé du tout, elle refait volteface devant moi avec une idée saugrenue. « Et si on dansait ?! » Ou pas ? Danser...ici...pourquoi ? Sans musique ? Ça va être génial. Pas trop envie là, mais l'idée semble lui faire plaisir...«Tu sais très bien que je danse comme un pied...tu veux pas plutôt...» Je regarde en direction du lit. Et non ce n'est pour aucune raison déplacée, il ne faut pas faire de mauvaise interprétation, j'essaie juste de sauver la situation. «...tu voudrais pas t'étendre et cuver un peu ? Dormir peut-être...je sais pas.» Peut-être qu'une fois sa tête sur l'oreiller, elle tombera comme une masse...ou peut-être pas non plus. Mais dans quel guêpier je viens encore de me foutre han ?
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MessageSujet: Re: Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour...pour quoi ? {Jerry&Carter}   Lun 3 Sep - 8:47

« One simple idea. »



Je maudis ce monde. Je le maudis de tout mon être. Et je maudis ce Dieu qui nous a fait, cette Destinée malveillante contre laquelle je ne fais que me battre et me débattre pour tenter de lui survivre. Je maudis les Pairs et les pères de nos pairs et tous ceux qui approuvent la dictature de cette odieuse Providence. Qui sont-ils ? Qui sont-ils pour oser prendre des décisions qui ne leur appartiennent pas ? Pour oser croire que leur actes sont justes ou malhonnêtes. Pour se permettre de jouer avec le cœur de leurs semblables. Car si nous sommes faits à leur image, alors pourquoi ne saurions nous pas leur égal ?
Je me bats depuis trop longtemps. Contre mes peurs, contre la vérité, MA vérité, mon identité. Kelly. Je sens cette dernière qui s'agite, appelant la mort alors que voilà bien longtemps qu'elle a disparu. Je la sens qui se tortille face à la terreur que lui inspire un homme, le noir, dernier vestige d'une vie passée dans mon existence d'aujourd'hui. Mais je suis fatiguée, trop fatiguée pour continuer. Je préfère mourir je crois. Histoire que tout s'arrête. J'accepte la mort, j'accepte l'inévitable prédateur pour qu'il termine son œuvre inachevée. Et tandis que je renonce, il y a Lui. Lui. Jerry.

Suis-je seulement prête à renoncer à ça ? Ce que nous avons, ce que nous avons eu ? Je n'en suis pas certaine. Puis l'image d'un homme se dressant entre l'Ombre et moi, m'arrachant aux griffes de la terreur, me semble tellement réelle...
Non. C'est l'alcool qui me fait penser ça. L'alcool. Rien que l'alcool. À moins que je ne redevienne folle. Cette dernière réflexion accompagnée du refus de Jerry à prendre part à ma joie me glace totalement. Je n'ai plus envie de danser. Rabat-joie. Tous des rabat-joie.
«...tu voudrais pas t'étendre et cuver un peu ? Dormir peut-être...je sais pas.» Non mais je rêves. Dormir ? M'étendre ? Et puis quoi encore. Je fais la moue. Pas convaincue de son idée. Puis je me donne le temps de réfléchir en buvant encore deux longues gorgées d'alcool. Mon estomac proteste mais qu'importe. Je regarde le lit, mes yeux s'attardant sur le flingue posé entre les draps. « Huuuumm.... Niaaaaaaaaaan..... » Non, non. Décidément l'idée ne me plaît pas. Je me retourne alors vers lui, pinçant les lèvres, et réfléchissant furieusement. Parce que mine de rien, je le sens mal à l'aise, que je ne veux pas qu'il se sente mal à l'aise et que dans le fond il a possiblement raison. Faudrait peut être que je ralentisse. « Oh Jerry, que ferais-je sans toi ? » La pensée s'est exprimée dans un murmure. Je soupire, dépitée, blasée. J'arrive à me faire peine toute seule, que doit-il penser de moi !

D'une main je me pince le haut du nez, entre les yeux. Je ferme ces derniers, et sens mon cerveau tourner à vide. Roh bon sang. Il y a trop, trop de choses en moi. Trop d'émotions, d'idées, de désespoir. Et ce qui me désespère le plus c'est pas temps cet enchevêtrement de sensation, mais simplement le fait que même l'alcool ne parvient plus à les faire oublier...
Je relève alors doucement le visage vers Jerry. Bizarrement je me sens plus sobre que jamais. L'esprit embrumé mais capable de penser et de m'exprimer par moi même. On dit que la peur dessoule radicalement. Est-ce la peur, le désespoir ? « Tu voulais parler ? » Ça sonne comme une malédiction, inévitable. Un châtiment. Je lève brutalement mes bras en l'air, la manzana toujours en main. « Alors parlons !!!!! » Youpi ! J'ai hâte ! Je m'avance vers lui, me tenant au dossier du canapé, dans le but de contourner ce dernier. Pourquoi est ce que je passe de ce côté et non pas de l'autre ? La réponse m'échappe. Lorsque je passe à côté de Jerry, j'attrape sa main pour l'entrainer avec moi. Main que je lâche rapidement lorsque mon regard se pose sur ma table de travail. Tiens, tiens, une idée... Un sourire légèrement sadique nait sur mes lèvres. Je me retourne vers mon invité puis me laisse radicalement tomber en arrière sur le canapé. Et tout en me redressant ou plutôt en me tirant sur un côté pour lui faire de la place, j'explique. « J'ai une idée ! » Et quelle idée ! « On a droit à cinq questions. Chacun. Cinq questions, sur ce qu'on veut. Et interdiction de dire autre chose que la vérité. Je ne dirai que la vérité. Et toi aussi. Pas de mensonges... » Inutile de préciser que j'ai une idée derrière la tête. Cependant c'est un jeu à double tranchant, ou chacun peut être perdant. Je promets de ne dire que la vérité et rien que le vérité. Dangereux, très dangereux pour moi. À croire que me mettre autant en danger m'amuse. Ou bien c'est mon subconscient qui parle à ma place. J'en ai tellement assez de me mentir que je cherche à ce que quelqu'un trouve la vérité. Quoique non, consciemment je crois que je préférerai crever. Mais quoiqu'il en soit je lui fais un sourire aguicheur, encourageant. On peut perdre tous les deux, mais gagner énormément. Une occasion comme ça ne se représentera pas. Je le sais. Je n'admets pas de me livrer aussi facilement. « Je t'offre un passe droit de cinq questions pour savoir ce que tu veux. Mais il en est de même pour moi. Tu prends le risque ? » Nouveau sourire. Puis je porte les lèvres au goulot. Je vais avoir besoin d'aide pour faire face à ça. Ne pas mentir, ne pas jouer. Ne dire que la vérité. Aie, aie, aie. Dur, dur, en ce qui me concerne. Rien que l'idée me révulse. Sans lâcher la bouteille je m'assois en tailleur face à lui et tire la couverture sur mes jambes. Je jette un coup d'oeil à la télé pour m'apercevoir que le film est fini, puis reporte mon regard sur Jerry avec un air de défis. Je l'invite à commencer...

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MessageSujet: Re: Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour...pour quoi ? {Jerry&Carter}   Dim 30 Sep - 13:46

Qu'est ce qui m'a pris de venir ici, qu'est ce qui a bien pu me passer par la tête ? Je suis flic nom de Dieu, je ne devrais pas être là, je suis en train d'enfreindre le code de loi au grand complet. Moi, rendant visite à une criminelle en sachant très bien que c'est une criminelle. Le faire en n'ayant pas la moindre intention de l'arrêter et en n'ayant pas l'intention de profiter de la situation pour amasser des preuves contre elle. En être amoureux, amoureux d'une escroc et savoir pertinemment que si je devais choisir entre elle et mon pays, cette fois, je la choisirais probablement elle. Je suis un traite voilà ce que je suis, un ripou, un mauvais flic. J'ai trahis ce que je défends depuis toujours au moment même où j'ai franchi le pas de cette porte, au moment où j'ai posé les yeux sur elle et même avant. J'ai tout trahis dans cette montagne, quand j'ai rêvé de pouvoir l'aimer à nouveau, quand j'ai souhaité ne plus la voir disparaitre. Comment puis-je être aussi faible ? Aussi...amoureux. Après tout ce temps, après toute cette rancune, après toutes ces femmes...il n'y a toujours qu'elle, que elle et tout ça par la faute d'une montre. Je n'étais pas flic à l'époque, je n'aurais sans doute pas été un bon flic non plus parce que tout ce que j'ai vu disparaitre...c'est la montre. Je n'ai jamais vu qu'elle m'avait volé mon cœur aussi et ça, elle ne me l'a jamais rendu...Cette stupide montre...

Maintenant je pourrais partir, je pourrais très bien sauter sur l'excuse qu'elle n'est pas dans son état, qu'elle est saoule et elle l'est ! Une excuse si facile, si rapide, je lui dis à la prochaine et je repars, je rebrousse chemin, je sauve mon honneur. Je reste un flic, un bon flic. Je peux encore me racheter, ce n'est pas trop tard. Je peux retourner au poste et dire à mes collègues où elle se trouve, je peux tirer un trait sur elle, sur cette faiblesse. Je peux m'en libéré une fois pour toute. Non, je ne peux pas. Je me détesterais pour le reste de mes jours. Elle me détesterait et je me détesterais encore plus de le savoir. Je reste, je n'ai nul part où aller de toute façon, il n'y a qu'un seul endroit dans ce monde où je suis vraiment à ma place et c'est à ses côtés. Que ce soit mal ou pas, tant pis, que je sois flic ou traitre, tant pis aussi. Je n'ai plus qu'à assumer et trouver comment gérer ça. Et son état actuel ne me facilite pas la tâche, quoiqu'au fond, je me demande si ça n'aurait pas été pire si elle avait été sobre.

Par chance pour moi, l'envie de danser semble lui passer assez rapidement, par chance ou par malchance. Voilà maintenant qu'elle adhère à mon idée. Parler...quelle mauvaise idée j'ai eu ! Et si on en revenait à la danse ? Franchement, qu'est-ce que je m'imaginais ? Que j'allais débarquer ici, qu'on allait s'assoir autour d'un café pour cracher nos états d'âme sur la table ? Ce n'est pas mon genre, ce n'est pas le sien non plus. Ce n'est pas si simple, il ne s'agit pas simplement de parler, il faut savoir ce qu'on dit, il faut être capable de l'accepter et d'accepter ce que ça peut changer. Et honnêtement, même si je suis venu ici pour parler, je ne sais pas quoi dire. Je ne sais pas comment lui dire, ni même si quelque chose vaut vraiment la peine d'être dit. Le silence est si agréable, si protecteur. Quand on ne dit rien, on évite plein de chose, on se facilite la vie et j'ai toujours apprécié les solutions simples et efficaces. Et je crois que je serais resté planté là en silence pour un bon moment si l'alcool n'était pas venu donner un coup de pouce à la situation, lui faisant germer une idée stupide dans la tête, mais c'était déjà mieux que le silence. Cinq questions. Cinq réponses et que la vérité ? Ça ne me semble pas être une bonne idée, mais apparemment c'est la journée des mauvaises idées dans mon cas, aussi bien continué. Elle semble m'inviter à commencer et je prends quelques instants pour réfléchir. Je pourrais profiter de l'occasion pour faire mon rôle de flic et amasser tout ce dont j'ai besoin de savoir contre elle, mais je laisse vite l'idée de côté, ce n'est pas ce qui m'intéresse. Qu'est ce qui m'intéresse ? Comprendre. «Très bien...» Je marque une pause, j'hésite. Je n'ai que cinq questions apparemment, je ne dois pas les gaspiller. «Pourquoi tu n'es pas partie après la montagne...le tableau est brûlé...il n'y a plus de preuve contre toi, alors pourquoi ?.» Première question, assez large, ça me semble être assez facile aussi, j'aurais pu demander quelque chose de plus précis, mais aussi bien commencer doucement, histoire de voir si elle a vraiment l'intention de jouer à ce petit jeu ou pas. J'attends donc sa réponse, assit à côté, prêt à scruter ses réactions comme tout bon flic saurait le faire.
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MessageSujet: Re: Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour...pour quoi ? {Jerry&Carter}   Dim 30 Sep - 14:25

« Only the Truth »



Assise en tailleur, le regard rivé sur Jerry, je tremble. Je tremble de froid mais surtout d’excitation. Je viens de lancer une idée dont la prise de risque me semble inconsidérable. Dire la vérité. Rien que la vérité. Voilà bien une chose que je suis incapable de faire. J’ai toujours menti. Soit pour sauver ma vie, soit par amour, ou par nécessité. Je me suis toujours protégée, depuis ma tendre enfance à aujourd’hui, derrière ce masque qui porte le nom de Mensonge. J’ai fait croire à des médecins chevronnés que j’étais toujours malade. J’ai menti à mes supérieurs, aux victimes de mes larcins, à mes associés. Il m’est même arrivée de mentir à mon père, ce père adoptif qui a tant fait pour moi. Le seul à qui j’ai le moins menti, c’est lui, Jerry. Mais aujourd’hui, je me dois de lui dire la vérité, toute la vérité. Du moins… en fonction de ce qu’il demande.
J’ai un mal fou à me concentrer. Je ne peux m’empêcher de l’observer, de le dévorer littéralement du regard. Il est là, tout proche, assis, et je n’ai qu’une envie me jeter sur lui. Je m’imagine sans difficulté venir me poser sur ses genoux, caresser son visage et embrasser ses lèvres. J’en crève d’envie. Mais demeure l’épée de Damoclès. Ces cinq questions qui peuvent tout faire basculer. C’est mon idée. Je prends le risque. C’est impressionnant de voir quel effet l’alcool peut avoir sur un esprit. On le dit désinhibiteur. Et oui, il désinhibe mon désir furieux que j’ai de lui. A contrario il annihile ma peur et mes souffrances. Le monde semble disparaitre, comme suspendu à ses lèvres. Oh ses lèvres….

«Très bien...» Il semble hésiter. Réfléchir. A-t-il lui aussi conscience de l’enjeu ? De la rareté du moment ? Mes mains se resserrent avec force, et contre le goulot de cette bouteille que je refuse d’abandonner, et contre la couverture censée m’apporter un peu de chaleur. « Pourquoi tu n'es pas partie après la montagne...le tableau est brûlé...il n'y a plus de preuve contre toi, alors pourquoi ?.»
Je le regarde un instant sans réagir, puis lentement un sourire amusé s’étire. La question est gentille. Si gentille. Je revois là le commandant sous les ordres de qui j’étais. Une approche intelligente, douce, mais non dénuée de sens. Il me teste. Tâte le terrain pour savoir comment va réagir l’adversaire. Il ne veut pas me frustrer, ni me faire peur. Ce serait trop bête que je change d’avis subitement. Une belle occasion serait perdue. Parce que… on a beau dire. Oui je suis complètement saoule, oui je lui donne le pouvoir et le droit de savoir tout ce qu’il veut. Mais soyons clair. C’est moi qui mène la danse !
Un rire silencieux m’échappe alors qu’enfin je le lâche des yeux. D’instinct je me mords la lèvre et reconnais bien là le signe. Qu’il m’est difficile de dire l’entière vérité. Finalement j’inspire, relève la tête et lui répond d’un air désinvolte. D’un air qui se veut désinvolte mais cache là bien mal le malaise de l’aveu.
« Parce que j’avais encore des choses à régler ici. Du… travail. Que j’aime New York et qu’aussi… Il y a toi… » Je plonge mon regard dans le sien et suis soudainement saisie par une insupportable chaleur tandis que le reste de la phrase franchit mes lèvres. « Disparaitre dans la nature après ce… baiser. Ça aurait été un crime. »
J’en ai presque honte. Comme une gamine de quinze ans évoquant son premier baiser. J’hésite entre soudainement nier ce que je viens de dire ou me mettre à glousser comme une débile. Je dois admettre que ces sentiments m’effraient. Ce n’est franchement pas mon genre d’être timorée. Mais c’est tellement plus dur quand c’est la pure vérité. Je me réfugie donc rapidement dans la bouteille que j’ai en main. La manzana me rafraichit et semble me remettre les idées en place.
Je l’observe de nouveau quelques secondes avec intensité, puis demande.
« Il s’est passé quoi en Terre de Feu ? »

Quoi ? J’ai dit nulle part que j’allais être gentille moi. Le dossier est sur mon établis, fermé. Je ne l’ai pas encore ouvert. Je préfère lui laisser l’occasion de se livrer lui-même. Je sais qu’il m’a menti, en forêt. Qu’il m’a caché la vraie raison de son départ de l’armée. Alors j’ai cherché. J’ai trouvé. Mais je n’ai pas encore assimilé l’information. Alors je lui laisse sa chance.
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Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour...pour quoi ? {Jerry&Carter}

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