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 Billie M ♠ Là où il n'y a pas de peur il n'y a pas de courage

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Calamity-Jane
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MessageSujet: Billie M ♠ Là où il n'y a pas de peur il n'y a pas de courage   Sam 1 Déc - 10:41




Billie Moriarty
And you can see my heart beating ❞

nom(s) ৩ Moriarty. prénom(s) ৩ Billie Sara âge ৩ 22 ans. date et lieu de naissance ৩ 22 mars 1990, Los Angeles profession/études ৩ en recherche d'un emploi, a fait des études dans l'édition. statut civil ৩ célibataire orientation sexuelle ৩ hétéro traits de caractère ৩ méfiante - souriante - amusante - désinvolte - arrogante - courageuse - caractérielle - bavarde - insouciante - sure d'elle - mélancolique - fragile - parait tête en l'air et fofolle mais cache une grande sensibilité - rêveuse - pragmatique - groupe ৩ we have unfinished buisness. crédits ৩ tumblr.


the littlest things that take me there.

Elle sourit rarement sauf pour faire croire que tout va bien - elle parle peu - elle n'aime pas le chocolat - elle n'a plus jamais dansé depuis la mort de sa mère - parfois le caractère volcanique et sa fixation sur la vengeance lui fait peur - elle a pas pu garder un job plus de 3 mois - elle aurait aimé travailler dans l'édition ou la coordination d'événements - elle boude beaucoup - très active cérébralement elle ne sait pas s'arrêter d'où elle s'ennuit à la vitesse de l'éclair - elle s'est droguée par le passé - mais n'a pas arrêté l'alcool pour autant - elle est sorti très longtemps avec quelqu'un sans jamais avoir été amoureuse - elle ne ressent plus de sentiments - elle cherche par tous les moyens comment ressentir, être émue, et enfin pleurer - elle n'a jamais versé une larme pour la mort de sa mère ni depuis - elle a tendance à l'autodestruction


you've cast a spell on me.

pseudo/prénom ৩ calamity-jane âge ৩ 23 ans où avez-vous connu le forum ? ৩ cameleon vous le trouvez comment ? ৩ gooooood un dernier commentaire ৩ vous avez des cookies?



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MessageSujet: Re: Billie M ♠ Là où il n'y a pas de peur il n'y a pas de courage   Sam 1 Déc - 10:41

up on melancholy hill.

Le sommeil était si bienfaiteur, si salvateur, si agréable. Quelle idée avait elle eu de rester éveillée la plus grande moitié de la nuit ! Non qu’elle soit sortit faire la fête, elle n’avait pas le cœur à ça. Maman avait disparu depuis trop longtemps pour qu’elle puisse s’adonner au plaisir d’une fête. Par conséquent, elle ne trouvait plus le sommeil. Pour éviter de ne penser à sa mère, la jeune fille se jetait à corps perdu dans la danse. Cela lui permettait de songer à autre chose, de rester focalisée sur autre chose que son angoisse grandissante. Mais l’angoisse ne cessait de grandir. Sauf cette nuit. Pour une raison étrange, elle avait rêvé que sa mère rentrait à la maison. Maman était juste partie quelques temps, le motif de son absence ne s’était pas fait savoir, et puis qu’importe ? L’essentiel c’était qu’elle était à la maison. A la maison, avec elle, et Jules, et papa. Ça sentait les pancakes, il faisait bon chaud et maman passait la main dans ses cheveux, lui disait combien elle était fière d’elle, qu’elle ferait sensation à son prochain gala de danse, qu’elle pourrait probablement à la suite de ça intégrer la prestigieuse académie de Los Angeles. Avoir maman tout prêt, c’était tellement agréable. Entendre sa voix, sentir son parfum, la serrer contre elle. « Tu m’as manqué maman. Ne pars plus jamais, tu m’as manqué. »

C’est la sonnerie de la porte d’entrée qui la réveilla, la sortant péniblement de son rêve. Il lui fallut d’ailleurs un moment pour réaliser que ce n’était qu’un rêve, que la seule chose qu’elle étreignait était son oreiller et que la bonne odeur de pancakes n’était qu’illusions. Oh non… son rêve était si bon, si chaud. L’espace d’un instant elle entendit des cris, et cru d’abord qu’il s’agissait d’exclamations de joie. Ça y est ! Maman était enfin rentrée à la maison ! Elle sortit de son lit, tentant de se bouger au plus vite, mais son rêve la tenait arrimée profondément au sommeil comme redoutant qu’elle ne s’éveille complètement. S’approchant de la porte et l’ouvrant, elle se rendit compte que ce n’était pas des cris de joie qui lui parvenaient. Le songe s’effaça alors doucement avec un profond regret et avançant vers les escaliers Billie sentit son cœur démarrer une course folle. La vision de sa sœur rejetant brutalement son père. La douleur sur son visage. [color=steelblue] « Ne pars plus jamais. »[/steelblue] L’écho de sa phrase raisonna tandis qu’elle sentait le vide la happer brutalement. Non. Non. Ce n’était pas possible. Car en effet sans mots elle avait compris. Elle se refusait toutefois à l’admettre. Il n’y avait pas la police, Jules et papa avait du se disputer comme de coutume et c’est uniquement à cause de leur rancœur respective qu’elle lisait l’effroi et la souffrance sur leurs traits. Sa sœur fut bientôt à sa hauteur et la prit dans ses bras. Ce contact fut comme choc électrique qui la cloua sur place, la pétrifia. Seul mouvement que son cœur affolé menaçant de jaillir d’entre ses lèvres. « Maman ? » parvint-elle à gémir comme un dernier cri vers l’intéressée. Jules réussit alors à exprimer quelques mots et le couperet tomba, la vérité se fit cruelle et dévastatrice. Sa maman avait finit entre les mains d’un tueur, elle était morte. Et elle ne la reverrait plus jamais.
Et les ténèbres la happèrent.


« Toutes mes condoléances ma puce. » Et en réponse, juste le silence. Ce silence morbide dans lequel elle se murait depuis le drame. Rien, plus rien n’avait d’importance, de couleur, de son, et d’odeur. Son cœur se flétrissait sur le rythme d’une douleur innommable. « Billie… Comment ça va chérie ? » Allait ? Comment ça allait ? Elle maudissait toutes ses questions plus stupides les unes que les autres ! Comment allait-elle ? oh mais elle pétait la forme pour une jeune fille enterrant sa mère. Un feu de joie, une euphorie sans nom ! Un bonheur incroyable que d’être là, dans une robe stupide, sous une pluie stupide avec des gens stupides disant des choses stupides, et devant un cercueil stupide ! Un cercueil… Dans lequel reposait sa mère dans Dieu seul connaissait l’état. Elle ne pouvait s’empêcher de penser à ça. L’apparence de sa mère, allongée là, dans un écrin blanc cerné de bois. Un visage autrefois si doux, si chaleureux, qui devait être à présent mutilé, masqué par le maquillage des pompes funèbres. Avaient-ils seulement réussis à arranger la chose ou bien le corps de maman était-il si méconnaissable ? Elle ne savait pas. Elle ne savait rien ! Et à ça s’ajoutait l’image du temps. Un corps qui s’assèche, se flétrie, une peau qui colle aux os puis pourri… Du parchemin, tanné et grisaillant, collant à des ossements qui eux même se craquèlent. Voilà donc à quoi ce résumait sa mère. Celle qui l’avait portée dans son ventre, lui avait chanté des berceuses et appris à lire. Celle qui quoiqu’il arrive veillerait toujours à son bien être. Un cadavre…
Billie serra un peu plus fort la main de sa sœur tandis que doucement elle obligeait l’air à entrer dans ses poumons. Elle avait envie de vomir, de hurler, de frapper, de pleurer. Mais rien ne sortait. Ce n’était que vide… Les seuls mots qu’elle s’arrachait à dire étaient destinés à sa sœur. Un sourire malsain respirant le mensonge. Un sourire vide, comme son cœur…
« Tu sais Billie, t’es pas obligée d’en parler, de pleurer, de me dire ce que tu ressens. Je suis là pour toi et t’es la seule famille qui me reste à présent. » Alors un soupire. Une autre vérité qui blessait. Une de plus. Mais bizarrement, malgré la douleur, celle-ci faisait du bien. Alors elle haussa les épaules. Puisqu’il fallait mettre des mots, sortir un peu de sa torpeur… « Je le sais. Et c’est la même chose pour moi. » Oui, elle savait. Comme ce matin où elle avait su que sa mère était disparue à jamais, elle savait que Jules était là. Là pour elle, avec elle. Et Billie aussi, était là pour elle, avec elle. Elle en venait à se demander si sa sœur n’avait pas raison. Etait-ce la faute de papa ? Parce qu’il était toujours absent ? Etait ce le coup du hasard ? Mais quel odieux personnage peut se jouer du hasard de la sorte ? Et si c’était la Providence, comment et pour quelle raison faire subir ça à des enfants ? Elle avait beau chercher elle ne comprenait pas. C’était impossible. Irréel.


Le deuil. Comment est-on jamais préparé à faire face à ça ? On nous apprend depuis tout petit comment parler, demander, manger, marcher, calculer, lire, écrire, faire du vélo et un tas d’autre trucs. On nous apprend même à aimer et détester. Mais le deuil ? Seule la vie vous en apprend les fondements, les rouages, le mécanisme. Billie pensait que c’était parce que le ressenti est trop grand trop inexplicable pour qu’on puisse mettre des mots dessus et donc l’enseigner. Si seulement on pouvait y être préparé. Mais à la place on est seul, tout seul face à cette insurmontable épreuve. Votre monde s’arrête mais l’univers continue à tourner. Vous n’avez d’autre choix que de le contempler pivoter, tous ces gens qui s’activent, ce mensonge. Ce n’est que mensonge ! Un sourire triste, un mot doux puis un éclat de rire clair et franc dès qu’on pense que vous avez le regard tourné, comme si rien ne s’était passé. Ils ne comprennent pas ! Font semblant de comprendre, de compatir, mais c’est faux !!! Ils mentent ! Donc on est seul, tout seul face à ce vide immense… Et parce que le temps nous y oblige, lentement on lève le pied et son se met à avancer. Un éclat de rire clair et faux, pour à son tour faire semblant… comme si rien ne s’était passé. Mais ce vide demeure, éternel.

Billie arrêta la danse. Cette dernière est l’expression même des sentiments, mais comment s’exprimer lorsque seul le vide est présent ? Nulle joie, nul plaisir à danser, s’exprimer, elle qui était si proche des étoiles. La jeune fille sombra dans des ténèbres profondes où nulle lumière ne s’y trouvait, même pas un brin d’espoir. Seuls restaient les automatismes d’une vie passée. Manger, se laver, dormir, dire les moindre mots comme : bonjour, comment ça va, je vais bien, merci. Le silence prit une part importante dans sa vie et la distance se creusa avec son père. Heureusement il y avait Jules. Sa sœur, toujours là pour elle, mais faisant face elle aussi à son deuil. Billie ne lui parla jamais de ce qu’elle ressentait, n’évoqua jamais la mort de maman et son absence totale de compréhension. Elle ne versa jamais une larme, restait frustrée, tétanisée dans sa torpeur d’enfant. Par ailleurs, Jules semblait sombrer dans la rage et la colère, cherchant bagarre au premier regard. Se dépassant sans cesse vers cette folie furieuse. Cela faisait peur à Billie. Mais comme toujours, elle se murait dans le silence. Contrairement à sa frangine, la brunette elle, se noya dans le désespoir, cherchant à oublier. Oublier cette douleur lancinante au fond d’elle-même, cherchant un déclencheur quel qu’il soit pour tenter d’expulser cette douleur. C’est comme si au moment où elle avait comprit que son rêve n’avait été qu’une mascarade, lorsqu’elle avait saisit que sa mère était morte et ne reviendrait jamais, Billie avait enfermé sa terreur dans ce songe merveilleux. L’acceptation de la disparition de sa mère était restée cloitré avec ces pancakes, cette caresse, ces mots doux…
Mais comment continuer à vivre dans ce cas ? Quel est le sens même de vivre ? De pouvoir enfin lâcher prise ?


« Hey ! Billie ! Tu veux gouter ? ça va te faire planer ! » Dans un soupire la jeune fille tourna un regard déjà vitreux vers son camarade. Echevelée, fatiguée, complètement stone, elle tendit son verre vers le jeune homme. Ce dernier y laissa tomber un comprimé blanc qui aussitôt se mit à se dissoudre dans le liquide clair. D’une main gauche la brunette se frotta le visage, enlevant certaines mèches de devant les yeux. Elle soupira encore une fois puis plongea ses lèvres dans son verre. « Ouai vas-y bébé !!! Tu vas complètement planer ! » A peine fini son verre qu’elle le tendit de nouveau pour qu’un autre camarade le remplisse de vodka. Elle jeta un regard qui se voulait dégouté à son copain. « C’est pas planer que je veux. C’est oublier. » Là-dessus elle se laissa à moitié tomber sur le sofa, son verre de nouveau plein en main. Alors la drogue commença à faire son effet. Sa vision se flouta, son esprit décolla. Elle sentit son copain s’approcher dans un rire et commencer à l’embrasser dans le cou. Se laissant faire Billie attendait, attendait avec impatience le moment où ce vide disparaitrait. Au lieu de quoi un gouffre s’ouvrit brutalement et elle inspira brusquement dans un petit cri de surprise. Son cœur battait la chamade tandis que le monde tournait à une vitesse folle et que ce gouffre aspirait tout en lui tel un trou noir. Dans le même temps elle sentait les baisers dans sa nuque s’accentuer, se presser, pris d’une envie foudroyante. Cette soudaine vitesse la fit rire. Elle ferma les yeux et se laissa glisser dans cet étrange monde qui tourbillonnait.

Quelques heures plus tard, c’est en silence et l’esprit embrouillé qu’elle sortit de la chambre à pas de loup et enjamba certains de ces camarades. En silence elle chercha son jean qu’elle enfila, de même que ses chaussures. Elle partit ensuite à la recherche de son sac et apercevant un verre à moitié rempli, elle l’attrapa et le vida d’un coup sec. Aussitôt retentit la voix de son copain. « Et ben ! T’attaques tôt la vodka toi. » Elle ne répondit pas. Attrapant son sac elle le posa sur son épaule et se retourna vers la porte. Son mec l’avait rejoint. Il l’attrapa par les hanches et la tourna vers lui, passant une main dans ses cheveux. « Tu pars tôt dis donc. Tu veux pas rester un peu. On pourrait se fumer un truc et décoller un peu. » Dit-il tout en semant de petits baisers sur sa joue. Doucement elle se dégagea. « Je décolle pas. Je m’écrase. Et puis j’ai cours. » Il soupira, déçu, et la regarda se diriger vers la porte. « Comment tu fais Billie ? On passe nos soirées à boire, à prendre des trucs, et toi tu penses toujours à tes cours ? Comment tu fais ? » Se retournant vers lui, elle recula vers la porte et lui sourit tristement. « Je te l’ai dit Shawn. Moi je décolle pas, je me crashe. Toujours un peu plus. Un peu plus profondément. La chute fait donc moins mal… » « Et pour tes études ? » Elle soupira. « Ça… c’est juste pour satisfaire tout le monde. Le père et la sœur. Parce qu’après tout, faut bien faire quelque chose non ? » En deux pas il fut sur elle et l’embrassa passionnément. Une nouvelle fois elle se dégagea. Saisissant son visage entre ses mains il la fixa dans les yeux. « Je vais être en retard Shawn. » Il ne lui répondit pas tout de suite. Elle soupira et s’apprêta à se dégager une nouvelle fois. Il la retint plus fermement, lui faisant mal aux bras. Elle serra les dents mais ne dit rien. « Dis moi Billie. Pourquoi t’es si malheureuse ? » Elle le regarda sans répondre. Il raffermit sa prise et elle se sentit obligée de donner une réponse. « Je ne suis pas malheureuse. Je suis vide. » Il posa alors son front contre le sien et ferma les yeux. « Même avec moi ? T’es toujours vide quand t’es avec moi ? » Alors elle soupira et l’embrassa. « Disons que le monde tourne un peu plus vite avec toi. » C’était apparemment ce qu’il voulait entendre. Il se redressa et la lâcha, satisfait. Tandis qu’il se passait une main sur le visage, Billie leva les yeux au ciel. Ah ! Les mecs ! Toujours à vouloir se sentir comme des héros. La vérité c’est qu’elle se sentait toujours aussi vide, avec ou sans lui. Le monde était toujours laid, sans couleur, sans aucun sens. Shawn et sa bande n’était qu’une expérience de plus pour tenter de lui faire ressentir quelque chose. En vain… Alors elle lui sourit et ouvrit la porte. « Bébé ! Reviens ce soir ! On a un plan avec les gars, tu vas t’amuser. Tu vas voir comme le monde va tourner vite ! »
Et là-dessus, elle le quitta, lui et ses combines, lui et son alcool, lui et sa drogue. Car c’est comme ça qu’elle vivait à présent, partageant ses jours avec des études de littératures, et ses nuits avec l’oubli.


« Vous savez quoi ? Allez vous faire foutre ! » Là-dessus la jeune femme contournait le bureau, dégrafait son badge, le jetait violemment par terre et sortait furieusement du bureau. Rien n’allait ! Jamais rien n’allait ! Mais qu’avait-elle donc fait pour qu’on lui en veuille autant ! Qu’avait elle fait de mal ?! Son maitre de stage ne cessait de la critiquait alors qu’elle se donnait au maximum, son père se renfermait de plus en plus, se noyant dans le boulot comme autrefois, et par-dessus tout ! Sa sœur l’avait quittée, abandonnée, laissée seule ! Ô oui certes Jules avait demandé, prié pour que Billie l’accompagne là-bas, mais à quoi bon ? C’était ici sa vie. Ici au soleil, à la plage à Los Angeles. Elle ne comprenait pas pourquoi sa sœur était allée là-bas… là-bas… là où maman l’avait abandonnée elle aussi. Là où elle avait trouvé la mort. Qu’avait donc ce lieu pour attirer ceux qu’elle aimait ? La mort ? Etait ce donc ça ?! Billie était folle de rage ! Jules était partie dans le seul but de jouer à la chasse aux sorcières. Machinalement la jeune fille sortit son portable et commença à taper un texto. Reviens. J’en peux plus, je vais péter un câble. Ne t’avais pas le droit de me laisser là comme ça. Aussitôt elle se relut, soupira et effaça le message. Non. Elle ne pouvait pas faire, pas se permettre de faire. Jules était passée par trop de choses dernièrement pour qu’elle puisse lui faire reproche de quoique ce soit. A la place de quoi elle retapa un message. Je t’aime et je pense à toi ♥. Elle l’envoya. Si partir à Minneapolis permettait à sa sœur d’avancer, elle en était heureuse. Au moins une d’entre elles avait un objectif, un but, quelque chose à faire de sa vie. Elle en avait marre, si marre. Elle était si fatiguée.
Une fois rentrée chez elle, la jeune femme eu la joyeuse surprise de trouver son père à la maison. Il semblait hors de lui. « J’ai eu un appel de ton maitre de stage ! Il parait que tu l’as envoyé se faire foutre ! Non mais tu réfléchis des fois ! Qu’est ce que j’ai fait au ciel pour avoir des filles pareil ! Des… » Hurlait-il alors que Billie ne l’écoutait déjà plus. Figée, les yeux révulsés elle le regardait. Ce qu’il avait fait ? Ce qu’il avait fait pour avoir des filles pareilles ? Des filles comme quoi ? Une qui se barre à l’autre bout du pays parce qu’elle ne supporte plus son paternel, sa vie et qu’elle n’a qu’une idée en tête : venger sa mère. Et l’autre qui ne dort plus, se drogue, et cherche désespérément un moyen de pleurer ! Parce que non ! Elle n’a jamais pu pleurer la disparition tragique de sa mère ! Et lui ce qu’il avait fait ? Là était donc tout le problème. Elle le comprenait enfin… « RIEN !!!!! RIEEEEEEEEEEEN !!!! JUSTEMENT ! Tu n’as RIEN fait ! Jamais ! Maman est morte et tu n’as rien fait ! T’es resté le même ! Toujours plongé dans ton boulot, dans ton putain de boulot sans t’apercevoir qu’aucune de nous n’arrivait à aller mieux ! Ma maman est morte !!! MORTE !!! Et toi tu t’en fous ! » Brutalement sa colère fut stoppée par une douleur cuisante sur la joue. Stupéfaite elle regardait le meuble à coté d’elle alors qu’une seconde plus tôt c’est son père qu’elle regardait. Elle n’avait pas vu la claque arriver. Relevant les yeux vers l’homme ce dernier la contemplait avec autant de surprise qu’elle. Le coup était parti tout seul. Mais ça n’enlevait rien aux faits. Elle sentit les larmes lui monter. Enfin ! « Peut être que Jules avait raison après tout. Peut être que si maman est morte c’est ta faute ! » Et elle gravit en courant les escaliers. Une fois dans sa chambre elle ferma la porte et s’y appuya. Portant une main à ses yeux elle se toucha les joues à la recherche d’un liquide chaud et salé. Sec. Trop tard… Les larmes avaient refoulé aussi brutalement que la gifle. Elles n’avaient jamais existées.

Quelques minutes plus tard elle entrait brutalement dans l’appartement miteux et enfumé de Shawn. Ce dernier se releva brutalement et elle put apercevoir une main saisir rapidement un flingue avant de le faire disparaitre. Il n’était pas seul. « Heeeeey ! Bébé ! » Sans lui laisser l’occasion de dire ou faire quoique ce soit elle le coupa. « Je veux de ton truc. Donne-moi de ton truc, tes pilules là ! » Il jeta un coup nerveux à ses petits copains. « Hey ma puce ! Tu sais que je ne peux pas t’en donner comme ça. Ça coute de l’argent ces petits bonbons. » N’étant pas d’humeur elle l’attrapa brutalement par le col de son tee-shirt et le tira à elle. « Arrête tes conneries Shawn. J’en veux. Tout de suite. Je crois que je t’ai assez bien payé comme ça et que tu t’es prit du bon temps. Alors fait pas chier, donne moi ce que je veux. Et puis tu sais que j’ai les moyens de payé de quelques manières que ce soit… » Elle le lâcha brusquement et jeta un coup d’œil aux hommes assis sur le canapé. Ils avaient l’air de truands et lui filaient froid dans le dos. Mais bizarrement, elle s’en fichait. Shawn s’éloigna quelques instants puis revint vers elle et lui glissa dans la main ce qu’elle voulait. « N’en abuse pas trop ma puce. Tu viens ce soir ? » lui demanda t-il tout en glissant un baiser langoureux dans son cou. Serrant sa précieuse cargaison dans son poing elle le repoussa. « Non. » Et elle s’en alla sans un mot de plus. Ce qu’il était chiant ce mec ! Mais étrangement il était le seul à des kilomètres à la ronde à savoir la distraire et à lui arracher un semblant de sourire. Même ses amis elle les trouvait fades et inintéressants. Peu à peu elle s’était coupée du monde, cherchant le frisson là où elle pouvait le trouver. Et en réalité… tout compte fait… elle voulait juste en finir. Que tout s’arrête. Cette souffrance, ce vide. Tout.

Ses pas l’avaient conduite doucement vers la plage. Billie observa les flots, la puissance des vagues et se surprit à apprécier le paysage. C’était beau. Si puissant, violent, et en même temps si paisible. Baissant les yeux elle ouvrit la main pour y découvrir les deux petites dragées blanches que Shawn lui avait données. Elle observa de nouveau l’océan et avala les pilules. Elle attendit quelques instant que la drogue commence à faire effet puis elle pénétra dans l’eau et avança, avança, jusqu’à ce que l’eau l’engloutisse. Elle venait de comprendre. Elle ne cherchait qu’à ressentir des choses, des émotions, des sentiments, elle ne demandait qu’à les exprimer. Mais quelque chose en elle s’était bloqué, était fermé, et l’empêchait d’éprouver quoique ce soit. Trop d’émotions toutes ses années contenues. Elle se noyait. Se noyait dans son âme pleine de vide. Se noyait dans l’océan. L’eau était froide, glaciale. La puissance des vagues l’amenait toujours un peu plus profond. Et l’air vint finalement à manquer. Alors elle entendit un pleur. Un petit pleur d’enfant et le visage d’un nourrisson qui braillait sa colère et sa terreur contre le monde. Le visage du bébé se détendit enfin et de grands yeux émerveillés la regardèrent jusqu’à ce que l’ombre d’un sourire étire ce visage d’ange. Leah !
Remonter à la surface ! Vite ! L’air lui brula les poumons cependant qu’elle gagnait la plage, se battant contre les vagues qui déferlaient, furieuses de n’avoir pu engloutir leur proie. Elle se battait contre sa fatigue, sa terreur, son épuisement. Mais toute frigorifiée qu’elle était, une seule idée lui restait en tête. Leah. La petite Leah, sa nièce, le secret de sa sœur. Ce petit bébé nouveau dans ce monde et avec tant à offrir. L’abandonner serait le plus atroce des crimes. Ce secret devait être préservé, et la présence d’un cadavre ne ferait que le faire découvrir. Aussitôt un haut le cœur la saisit et elle se mit à vomir. La terreur, l’eau salée, les pilules. Mauvais mélange pour son estomac. Et pour sa nièce, elle se promit de ne plus jamais prendre de drogue.


« Roh t’es chiante Billie ! Tu devrais te remettre aux bonbons. T’étais plus marrante quand ta mère est morte. » Quoi ? Sérieux là ? Il était vraiment sérieux ? S’était-elle montrée plus marrante pendant des années sous prétexte qu’elle tentait de noyer sa douleur, son désespoir dans l’alcool et les drogues ? Le fait d’avoir arrêté au moins l’un faisait vraiment d’elle quelqu’un de rabat-joie ? « Ah oui ? Je suis là non ? » Chuchota-t-elle pour toute réponse. Accroupis dans un entrepôt Shawn et elle se faufilaient silencieusement. Il l’avait embarqué une fois de plus dans des histoires de fous. Ces derniers temps elle commençait à penser que trainer avec lui n’était peut être pas la meilleure solution. Avoir sa sœur au téléphone et apprendre qu’elle avait vaincu ses difficultés personnelles au poste de police, savoir qu’elle s’en sortait et se rapprochait de plus en plus de son but, lui faisait comprendre que ouai… okay… l’espoir existait peut être un peu. Et puis il y avait le regard de Leah aussi, chaque fois qu’elle allait la voir. Comment avait-elle pu voir le nourrisson en étant shootée à mort ? Rationnellement elle savait qu’il fallait qu’elle arrête ses conneries mais avec Shawn et sa bande… elle avait au moins l’impression de ressentir quelque chose. Elle n’arrivait pas à garder un job plus de quelques mois pour cause d’ennui. Elle s’ennuyait, et fermement. Tout était si morne… Pas besoin de sortir d’une prestigieuse académie pour classer des documents, prendre des rendez-vous, ou répondre au téléphone. Elle regrettait amèrement cette époque où chaque chose la faisait vibrer, ou seul danser parmi les étoiles constituait une limite à ses rêves. Alors pour essayer de contrer son éternel ennui, son vide insupportable, elle suivait ses soi-disant amis dans leurs pitoyables combines. Celle de ce jour ? Dérober une clé USB à la demande d’un homme, et se servir pour soi au passage. Non content d’avoir du soutien, Shawn ne désira toutefois à la mêlé de trop près à cette histoire. Il la fit monter sur la terrasse du bâtiment qui donnait sur la cours. « Bon tu m’attends là, tu ne bouges pas, et tu préviens si quelqu’un vient d’accord ? » Elle répondit par l’affirmatif et attendit. Plusieurs minutes, de looooongues minutes passèrent ainsi. Du moins c’est ce qui lui sembla. Soudain un bruit de voiture se fit entendre et se penchant par-dessus la rambarde elle put voir un gros 4x4 noir duquel descendaient plusieurs hommes et lourdement armés. Un second véhicule tout aussi bien rempli arriva. Après avoir lâché un merde elle se précipita à l’intérieur et tenta de s’y retrouver. Par où était elle passée ? Elle appréhenda des escaliers en fer et se mit à les descendre le plus vite possible en essayant de faire le minimum de bruit. « Shawn ! Shawn ! » Chuchota-t-elle pour prévenir son compagnon. Elle gagna finalement l’espace principal et se cacha derrière des caisses. Trop tard. Les hommes étaient déjà là, et l’un d’eux tenait Shawn par le bras. La consigne était claire dans ce cas là : prendre la fuite. Au moment où elle se retournait pour filer elle se retrouva nez à nez avec un des hommes. Un mec d’une taille impressionnante, tout de noir vêtu et portant une arme aussi impressionnante que lui à la main. Elle tenta d’esquiver mais il la saisit par l’épaule et la poussa brutalement vers le centre de la pièce. Elle tomba dans un cri puis tenta de se redresser. « Regardez ce que j’ai trouvé ! Un autre rat. » Aussitôt Shawn se mit à crier son nom, priant les autres de ne pas faire de mal à Billie, qu’elle n’y était pour rien, qu’ils devaient la laisser partir. Il se fit taire d’un coup de crosse qui lui fendit l’arcade et fit couler le sang. Billie ne s’entendit pas crier, mais le rire des hommes l’informa qu’en effet, elle avait crié. « Ah ah ! On dirait que c’est ta petite amie ! Et si tu nous disais ce que tu viens faire ici avant qu’on ne lui fasse du mal. » L’homme qui avait parlé s’était approché et passait une main rugueuse sur la joue de la jeune femme. « Je meurs envie de lui faire du mal. Je suis certain qu’elle va apprécier. » Prise de panique Billie ne quittait pas des yeux Shawn. Ce dernier se débattit, hurla, mais en vain. Il ne répondait pas, malgré ses cris, aux exigences de l’homme, et ce dernier s’impatientait. « Ta gueule ! C’est pas ce que je veux savoir ! Tu viens chez moi sans y être invité, tu me voles et ensuite tu brailles comme un cochon. T’es qu’un sale petit rat. Et tu sais ce qu’on fait aux rats ? » Il se pencha vers Shawn. « On les extermine. » Là-dessus Billie se mit à hurler et à se débattre. Et son hurlement redoubla d’intensité quand un coup parti, pétaradant et que Shawn s’effondra à terre… mort… Criant tout ce qu’elle pouvait la claque qu’elle reçue et qui la fit chuter au sol ne la fit qu’à moitié taire. Habitée par une peur innommable et par un instinct de survie des plus puissants, elle profita de sa chute pour détaler en courant. Elle entendit les hommes rire tandis qu’un autre lui courait derrière. Sans savoir où elle allait elle s’éloigna en courant le plus vite qu’elle en était capable. Elle ne voulait qu’une chose : mettre le plus de distance possible entre ces hommes et elle. Mais aussi vite qu’elle allait ce ne fut pas suffisant. Un des hommes ne tarda pas à la rattraper. La happant dans son élan elle se retrouva brusquement projetée contre un mur et s’effondra une nouvelle fois au sol. A peine se redressait elle qu’une violente douleur à la tête la renvoya à terre. Il venait de la frapper. Dans le même temps elle se sentit glisser vers lui, tirée par la jambe. Aussitôt elle se remit à crier et donna autant de coups de pieds que possible. L’homme avait sorti son arme. Il tenta de la frapper une nouvelle fois mais elle parvint à esquiver. Alors dans un ultime effort, elle essaya de se défendre et attaqua. Elle cogna, griffa, et fit de son mieux pour rendre la tache de son meurtre la plus difficile à son agresseur. Un coup de feu partit et elle sentit la brulure de la balle lui effleurer la tempe. Elle réagit aussitôt, sans réfléchir, juste muée par sa volonté de vivre, de se battre pour vivre. Elle mordit, frappa encore et encore, visant les yeux, la gorge... Sans trop savoir comment, l’arme se retrouva loin d’eux. Eux luttant, l’un pour tuer, l’autre pour survivre. Alors qu’il prenait un peu de distance pour mieux l’immobiliser, Billie se rua en avant, attrapa l’arme, se retourna et pressa la détente…

« Leah ! Leah ma puce ! Viens, viens vite. » Billie attrapa sa nièce pour la déposer dans la voiture. Elle l’attacha rapidement la ceinture, et jeta le sac qu’elle avait en main sur la banquette. Elle se fichait de l’état des affaires, il fallait juste qu’elle prenne la route et au plus vite. Rapidement elle referma la portière et s’installa au volant. [color=pink] « On va où tata ? »[color] Billie regarda la petite à travers le rétroviseur. [color=steelblue] « On va voir maman ma chérie, on va voir maman. »[color] – « On lui fait la surprise ? » - « Oui trésor on lui fait la surprise ! Tu vas voir elle va être super surprise maman. » Ça… pour une surprise… Billie n’osait imaginer la tête que ferait sa sœur en la voyant débarquer, avec la gamine en plus. Mais la jeune femme n’avait pu se résoudre à laisser Leah. Dans la noirceur de sa chambre, assise sur le sol elle avait réalisé une chose. Elle ressentait. Elle ressentait un truc puissant comme elle n’avait rien ressentit depuis des années. La peur. Pas exactement l’émotion qu’elle aurait aimé ressentir mais qu’importe. C’était toujours quelque chose. Toutefois elle ne pouvait fermer les yeux sans revoir Shawn tomber au sol, cette tache rouge s’agrandir sous lui. Son corps portait encore les stigmates de la veille, ce qui n’avait pas manqué d’intriguer la petite fille. Ce à quoi Billie avait répondu qu’elle avait un peu trop fait la fête et du coup été tomber dans les escaliers. Cela n’expliquait certainement pas qu’elle se soit pointée aux lueurs du jour pour arracher sa nièce de l’institut dans lequel sa mère l’avait laissé. Il était hors de question que la gamine reste ici, seule. Billie avait tué un homme. Elle savait l’avoir tué. Perdue et tétanisée dans sa chambre il avait fallut un moment pour qu’elle le réalise. L’homme qu’elle avait tué était lui-même un meurtrier, un assassin, et appartenait à un groupe du même genre. Quelles chances avait-elle ? Si ce n’était prendre la fuite. Prendre la fuite et aller se réfugier chez Jules. Jules était flic, elle saurait quoi faire. Et Leah ? Billie frissonna. Elle avait peur, peur qu’on remonte jusqu’à elle, que ces hommes retrouvent sa trace, lui fasse du mal et s’en prennent à l’innocence en personne, ce qu’elle aimait par-dessus tout : sa nièce. Alors ni une ni deux, elle avait embarqué la gamine et s’était ruée vers Minneapolis…
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Billie M ♠ Là où il n'y a pas de peur il n'y a pas de courage

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